Villanua

Son centre historique a conservé les témoignages d’une époque révolue la fontaine des quatre sources, l’ancien hôtel de ville avec son portail et ses vitraux gothiques, les blasons sur les maisons, les ruelles, venelles et passages, les écuries transformées en demeures. C’est tout cet ensemble médiéval que le visiteur est conduit à découvrir avec tous ses sens, l’odeur du bois que dégagent les cheminées à la tombée du jour, le rythme lent et immuable de la terre. L’église date du XIe siècle, mais diverses modifications, particulièrement au XVIIe siècle, lui ont fait perdre ses caractéristiques romanes originelles. La pièce la plus caractéristique est conservée dans une urne : il s’agit d’une Vierge à l’enfant, du Xe siècle ou du début du XIe, appelée Notre-Dame des Anges. Les spécialistes considèrent qu’il s’agit de l’une des meilleures sculptures romanes, pour ce qui est de la polychromie et de l’expressivité du visage.

Les grottes de Las GuĂŻxas sont tout simplement incontournables : il s’agit d’un espace naturel formé durant les glaciations du Quaternaire, mais dont l’évolution est loin d’être achevée en raison du travail incessant de l’eau. C’est elle la responsable du décor patiemment modelé et de ses compositions calcaires. L’occupation humaine des grottes est très ancienne : refuge au néolithique puis habitat jusque vers 300 après JC. Plus tard auraient été célébrées, dit-on, des bacchanales de sorcières. Ce qui est plausible en revanche c’est que les soldats y aient trouvé refuge et protection. Aujourd’hui, elles abritent une colonie de chauve-souris et diverses espèces troglodytes.

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Castiello

Le territoire communal de Castiello classé à l’inventaire historico-artistique sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, recèle une magnifique illustration de ce style roman « jacetanien » datée de l’an 1072. Il s’agit de l’ermitage de Santa Maria de Iguacel composé d’une nef se terminant par une abside semi-circulaire voĂ»tée et décorée de fresques plus tardives. A l’extérieur, c’est la façade qui ressort avant tout divisée en deux corps dans lesquels se découpe un porche dont la composition sculpturale, riche jusque dans les moindres chapiteaux permet de dater l’édifice de la fin du XIe siècle . L’abside est divisée par deux piliers en trois corps qui abritent chacun de grands arcs en plein cintre à nouveau sculptés et fermant l’hémicycle par des modillons décorés qui supportent la couverture de tuiles. Sur sa face nord s’élève une tour très aérée à laquelle on accède par l’intérieur de l’édifice. Menacée de ruine au début du siècle, l’ermitage fut restauré dans sa pureté originelle. Au cours des derniers programmes de restauration, des fresques XVe siècle ont été découvertes.

Jaca

La ville fut la première capitale du royaume d’Aragon. C’est ici qu’apparut l’art roman espagnol à travers sa manifestation monumentale qu’est la cathédrale Saint-Pierre du XIe siècle. L’ouvrage fut commandé par le premier roi d’Aragon, Ramiro 1er , mais fut élevé sous le règne de son fils, Sancho Ramirez, fondateur de la cité. Son plan est de type basilical avec un transept et trois nefs dont la centrale est la plus haute ; les allées sont marquées par une alternance de piliers cruciformes et d’épais fĂ»ts de colonnes, le tout richement décoré. Le transept est surmonté d’une voĂ»te en berceau, au centre de laquelle s’organise la nervure d’un ensemble d’arcs, tandis que la triple abside dont la partie centrale fut agrandie au XVIIIe siècle referme l’évasement par des voĂ»tes parfaites. Le motif en damier, originaire d’ici, est appelé pour cette raison « jacetanien ». Sur le parvis on retrouve six grandes figures d’apôtres qui ornaient jadis le retable, tandis que la « Megna Porta » est couronnée d’un tympan qui représente un chrisme gardé par deux lions prêts à bondir.

Le musée diocésain fut réorganisé en 1991 ; il recèle des joyaux de la peinture et de la sculpture médiévales. On peut mentionner les peintures du XIIe siècle : les absides de Susin, Ruesta, Navasa et celles de l’ermitage de Bagués, puis pour le XIIIe siècle, celles de Urriés, Orus, Esco, Sorripas, Cerésola, etc…

La Solana de Jaca

Cette soulane de Jaca, versant ensoleillé de la montagne, se compose d’une série de villages typiques comme Asieso, Guasillo, Banaguas, Abay, Canias, Araguas del Solano, Novès, Fraginal, Las Tiesas Altas y Las Tiesas Bajas. Une mention spéciale pour le village de Abay et son église romane consacrée à Saint André, construite au XIIe siècle et agrandie au XVIe. Au milieu du village se dresse l’ermitage de l’Assomption, d’origine romane mais reconstruit au XVIIe siècle. Aux abords du village, une croisée de chemins signale le tracé du chemin de Saint Jacques-de-Compostelle.

Aisa

Le village donna son nom à la vallée. Son centre ramassé est organisé en ruelles que flanquent des maisons aux cheminées pittoresques. Au sud du village on trouve des exemples typiques d’architecture traditionnelle : les granges foraines destinées aux travaux des champs. L’église se signale par un crucifix surmonté d’un baldaquin octogonal. Les hameaux appartenant à l’aire de Aisa sont au nombre de deux : Esposa et Sinués. Nous pouvons visiter dans ce dernier l’église Saint-Pierre du XVIe dont les croisées d’ogives sont de style renaissance.

Borau

Village intéressant pour ses maisons traditionnelles avec leurs cheminées aériennes, leurs riches portiques et leurs balcons sculptés. Saint-Adrien de Sasabe est un ancien monastère de l’époque wisigothique dont seule a été conservé l’église de style roman (XIe et XIIe siècles) oĂą se mêlent les influences « lombardes » et « jacetaniennes ». Durant le haut Moyen Ă‚ge, le monastère fut siège épiscopal, Adrien de Sasabe est monument historique depuis 1965.

San Juan de la Peña

Les mots peuvent difficilement résumer les sensations que produit la vue de ce lieu et la spiritualité qui s’en dégage. « Oeuvre romane majeure », « incroyable scénario naturel » et « valeureux témoignage de l’aube du règne d’Aragon » sont les qualificatifs qui définissent le lieu le plus emblématique d’Aragon. Construit à l’abri de la paroi, à 1220 mètres d’altitude, et berceau du royaume d’Aragon, le vieux monastère a été déclaré Monument d’Intérêt National dès 1889. Quant au « Monastère du Haut », plus récent, il est situé sur la prairie de San Indalecio, non loin du fameux « Balcon des Pyrénées » d’oĂş la chaĂ®ne se dévoile aux visiteurs comme une sublime guirlande de cimes et de vallées sans cesse changeante au rythme des saisons. L’ensemble des monuments est classé parmi les cinq Parcs Culturels d’Aragon tandis que le site naturel est classé comme Parc Naturel, gages de la qualité et de l’importance patrimoniale de ces lieux.

Mallos de Riglos

Il ne fait aucun doute que si vous demandez à un connaisseur de l’Aragon de vous indiquer ses plus beaux paysages, il vous citera les Mallos de Riglos. Le nom de Riglos suffit d’ailleurs souvent à désigner cette impressionnante formation géologique des pré-Pyrénées espagnoles. S’étalant sur près de 300 mètres de verticalité, les pitons calcaires composés d’un conglomérat rougi par l’oxydation et le soleil sont le royaume incontesté des grimpeurs, venus de toute l’Europe, et des vautours (à qui un musée sera prochainement consacré à Riglos).Heureusement que les eaux turbulentes du RĂ­o Gallego viennent rafraĂ®chir les aventuriers qui n’ont pu s’attaquer suffisamment tôt aux parois. Quant aux autres, ils pourront s’abriter pendant les heures chaudes de la journée entre les murs du monastère de San Juan de la Peña ou dans l’un des châteaux médiévaux le plus grand et le mieux conservé d’Europe : le Château de Loarre. Nombreux sont aujourd’hui les sentiers balisés qui vous permettrons de parcourir à pied ou à VTT le « Reino de los Mallos » et de découvrir ainsi toutes ses richesses naturelles et culturelles.

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